Comment peindre comme Van Gogh, ou le contraste simultané en peinture.

Comment peindre comme Van Gogh, ou le contraste simultané en peinture.

Les couleurs complémentaires

Deux couleurs, placées côte à côte, apparaissent de façon différente, selon les couleurs qui sont placées directement à côté d’elle.
L’effet de cette interaction est appelé contraste simultané.
Le contraste  est plus intense lorsque deux couleurs complémentaires sont juxtaposées directement  l’une à côté de l’autre.
Par exemple, un rouge, placé juste à côté d’un  vert, si vous vous concentrez sur le bord qui les sépare, vous verrez une légère vibration.
Dans cet article, je vais  tenter d’analyser la technique qu’utilisait Van Gogh dans ses œuvres.
Pour cela, je vous décrypte deux œuvres ci-dessous :
– La terrasse sur la place du Forum à Arles
– Le café de nuit.

La technique qu’utilisait Van Goghvan-gogh-terrasse-de-cafe-de-nuit

L’orange et Le bleu accentuent la couleur et l’intensité de l’autre,  dans ce tableau de  Van Gogh « Café Terrasse sur la Place du Forum », Arles, 1888 ci-dessous.
Dans la peinture de Van Gogh, il a une utilisation très audacieuse de la couleur. Si nous commençons à analyser l’œuvre, nous pouvons voir, comment il a utilisé le pouvoir des couleurs complémentaires et la roue chromatique pour accentuer l’effet visuel des contrastes simultanés.
Il voulait que nos yeux se déplacent, de façon inconsciente dans la peinture, non seulement par la composition, mais par son utilisation des couleurs complémentaires:
Les vitres arrière ont une très forte teinte saturée de rouge/orange,  posées  à côté d’un outremer français pur, ce qui provoque l’effet chatoyant pour donner à  la lumière de la fenêtre du soir une «lueur».
À l’avant les pavés – Van Gogh a utilisé cet effet sur un niveau plus subtil où les petits arcs qui dessinent les pavés sont fait de mouvement orange et bleu, ils reflètent le mouvement et la vie dans le café et la rue.
Les couleurs chaudes et froides – ajoutent une profondeur visuelle due au fait que les couleurs froides sont reléguées à l’arrière-plan et les couleurs chaudes au premier plan.

Vincent Van Gogh, Le café de nuit, Arles, 1888.
Vincent Van Gogh, Le café de nuit, Arles, 1888.

Dans cet autre  exemple,  Van Gogh a utilisé des couleurs complémentaires à son avantage et souvent.
de cette façon il a créé un contraste et a transmis la tension, l’atmosphère qu’il y avait dans ses cafés.

En décrivant le tableau ci-dessus, il a commenté à son frère Théo:

«J’ai essayé d’exprimer les terribles passions de l’humanité au moyen de rouge et de vert. La chambre est rouge sang et jaune foncé avec le vert de la table de billard dans le milieu; il y a quatre lampes jaunes citron avec une lueur d’orange et de vert. Partout il y a un conflit et le contraste des rouges et des verts plus disparates … « .

 

Attention = La nature choquante de cet effet visuel peut heurter le spectateur.
Donc, si vous voulez créer une peinture qui est plus harmonieuse,  vous pouvez toujours utiliser ces principes, mais à un niveau plus modeste.

La brève histoire du contraste simultané de Michel Eugène Chevreul_by_Nadar_1886Chevreul

Michel Eugène Chevreul, un scientifique français, a travaillé en tant que directeur de la manufacture des Gobelins à Paris.
Pendant qu’il y travaillait, il a reçu de nombreuses plaintes de la part de teinturiers, à propos  des colorants, précisément la façon dont les Noirs apparaissaient  différemment lorsqu’ils sont utilisés  à côté de bleus.
Chevreul s’est fait connaître des artistes peintres, mais pas seulement, par sa loi du contraste simultané.
Il découvre d’abord que certaines teintures ne sont pas chimiquement stables. Mais surtout, il a conclu de ses expérimentations que les problèmes les plus délicats sont de nature ni chimique, ni physique, mais physiologique : ce ne sont pas les pigments qui sont en cause, ni la combinaison des lumières colorées, mais la vision des couleurs quand des surfaces distinctes colorées différemment se trouvent à proximité.
Chevreul décide alors de traiter scientifiquement la chose à fond ; dès 1828, il publie un mémoire, développé en 750 pages, en 1839 : De la loi du contraste simultané des couleurs. Il y montre qu’une couleur donne à une couleur avoisinante une nuance complémentaire dans le ton : les complémentaires s’éclairent mutuellement et les couleurs non complémentaires paraissent « salies », comme, lorsqu’un jaune placé près d’un vert prend une nuance violette.

Pourquoi cela se produit-il ?

Notre «mémoire» a justement une perception forte d’un objet . Pour elle une orange est Orange, une banane jaune et possède une forme très définie, etc…
Si je demandais à un novice en peinture, de peindre un citron, et que j’éclairais le dit citron avec une couleur bleue par exemple, cela occasionnerait un fort problème de logique dans l’hémisphère gauche de son cerveau, celui de la logique.
En effet pour la partie gauche du cerveau un citron, c’est jaune et non bleu.
Même si nous le voyons comme bleu  votre cerveau vous dit :
Oups là mon bon homme ! il y a une erreur un citron, c’est jaune, il faudrait que tu changes la couleur, pour te rapprocher de la réalité autrement tu fais une erreur.

Les couleurs peuvent être délicates.

Je vois parfois des artistes, partir d’un coté d’une toile et de la remplir tout doucement de droite à gauche ou de haut en bas, plutôt que d’essayer de juger leur œuvre dans sa globalité.
C’est pour moi l’une des plus grandes erreurs que vous pourriez faire,  travailler sur une petite section à la fin avant d’aborder l’image dans son ensemble.
Alors la prochaine fois que vous créez un tableau,  ne voyez pas forcément les objets, ne les nommez pas, observez les masses de couleurs, et posez  les  tel que vous les ressentez,  sans a priori, sans jugement.

bonne peinture, n’hésitez pas à mettre votre avis dans les commentaires, ci dessous!

 

Source Chevreul : Wikipedia et son livre « De la loi du contraste simultané des couleurs »

Vous avez apprécié cet article ? indiquez-moi juste votre prénom sans accent et votre email, et je vous envoie gratuitement mon dernier Ebook. 

3 pensées sur “Comment peindre comme Van Gogh, ou le contraste simultané en peinture.

  • 19 février 2015 à 16 h 30 min
    Permalink

    Merci beaucoup pour cet article
    Je suis justement en train de m’intéresser à Van Gogh
    avec entre autre « les lettres à Théo »
    Quand vous dites le cerveau dit
    D’après le livre « dessiner avec le cerveau droit »
    c’est le cerveau gauche qui dit cela car il dessine et peint avec la mémoire et la logique
    et non pas avec ce qu’il voit vraiment en étant attentif et conscient

    Pour l’explication des couleurs, j’aurais aimé ( peut-être que j’abuse) qqchose de plus décomposé avec par exemple des carrés de couleurs complémentaires

    Répondre
    • 19 février 2015 à 17 h 01 min
      Permalink

      vous Avez raison, mais il semblerrait que c’est ce que je dit :

      cela occasionnerait un fort problème de logique dans l’hémisphère gauche de son cerveau, celui de la logique.

      C’est bien le cerveau Gauche celui de la logique et le droit le créatif, l’inventif ?? 🙂

      En ce qui concerne les carrés de couleurs, c’est ce que j’ai mis en place pour le livre, mais dans l’article ,
      j’ai voulu être plus résumé , plus simple.
      amitié thierry

      Répondre
  • 16 février 2015 à 23 h 04 min
    Permalink

    ahah!! j adore!! exactement la réponse a mes questions du jour dans un article ecrit…ce jour! que la vie est bien faite 🙂 merci!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.